Michael Hugentobler & Delphine Meylan
L’AUTEUR
Michael Hugentobler est né en 1975 à Zurich. Aujourd’hui journaliste indépendant et auteur, il vit avec sa famille à Aarau. En 2021, il est nominé au Schweizer Buchpreis pour Feuerland.
LA TRADUCTRICE
Delphine Meylan est traductrice à l’Office fédérale de l’environnement et a été l’une des participantes du programme Goldschmidt en 2022. Terres de feu est sa première traduction littéraire, menée en mentorat avec Isabelle Liber.
Modération:
Matthieu Ruf
Terres de feu
Alors que le régime nazi installe ses idéologies racialistes, les collections d’ethnologie sont menacées en Allemagne ainsi qu’en Autriche – dont l’annexion est imminente. Pour des intellectuels récalcitrants tels que le professeur et ethnolinguistique Ferdinand Hestermann les provocations sont quotidiennes. Il planifie avec d’autres confrères la fuite en Suisse de la bibliothèque de l’institut Anthropos de Vienne, l’une des collections la plus fournie d’Europe. Ferdinand Hestermann espère également mettre à l’abri un ouvrage en sa possession qui exerce sur lui une étrange emprise : le dictionnaire Yamana-Anglais du missionnaire Thomas Bridge. Œuvre de toute une vie, ce dictionnaire est une passerelle vers les conceptions et l’une des langues les plus fascinants et poétiques qui soit de la Tierra del Fuego en Patagonie. Un étrange voyage débute alors pour Ferdinand Hestermann pour trouver un refuge à ces archives de l’Humanité.
Actuellement exposé à la British library de Londres, ce dictionnaire rédigé au 19e siècle méritait bien une biographie, mais aussi un récit romanesque autour de ceux qui ont tentés de préserver les connaissances que nous avons de populations et de sociétés lointaines et disparues, ou en train de disparaître. Ainsi, de Thomas Bridge jusqu’à Ferdinand Hestermann, les Yamanas continuent de former une société singulière, à l’autre bout de la planète. Aujourd’hui encore, ils sont exposés et menacés par les projets d’extraction de ressources de multinationales, comme en témoigne la postface de Geremia Cometti, professeur d’anthropologie à l’Université de Strasbourg.
Découvrir le roman sur le site d’Hélice Hélas